13 Novembre 2008 :
L’assemblée nationale du Mali signe par 108 voix pour et 20 contre la " Loi sur la Sécurité en Biotechnologie " qui permet la diffusion des OGM au Mali.
Article 1 : "la présente loi s’applique à l’importation, l’exportation, le transit, l’utilisation confinée, la libération ou la mise sur le marché de tout organisme génétiquement modifié (OGM) qu’il soit destiné à être libéré dans l’environnement ou utilisé comme denrée alimentaire, aliment pour bétail de transformation, ou d’un produit dérivé d’organisme génétiquement modifié. Elle s’applique également aux OGM à double fonction pharmaceutique et alimentaire d’intérêt agricole"
Pourtant les paysans Maliens s’étaient clairement contre dans chapitre : "Réflexions pour l’élaboration de la Loi d’Orientation Agricole et sa mise en application " de leur mémorandum en 2005 : "4.4 Concernant le financement de l’agriculture (...) L’Etat adopte une législation anti-pollution sur l’utilisation de pesticides et insecticides. Il interdit l’utilisation des OGM."
Tout en regrettant que les OGM soient introduits au Mali et que le point de vue des paysans soit ainsi méprisé nous tâcherons ci après de comprendre ce qui permet cette dérive.
Observons la photo de l’article de la CNOP sur le sit-in des organisations paysannes du Mali devant l’Assemblée Nationale - Archive Webcite . Elle montre beaucoup de choses.

En arrière plan, l’Assemblée Nationale où les députés ont adopté la loi contestée et devant laquelle a eu lieu la manifestation. Quelques manifestants tiennent une banderole où il est écrit "halte à la corruption et à l’achat des élites contre l’intérêt des masses laborieuses. OGM sans transparence = destruction de notre pays". Mais devant l’Assemblée, les forces de l’ordre sont plus nombreuses que les manifestants. Il s’agit là malheureusement d’une constante au Mali où les manifestations critiques du pouvoir se voient régulièrement contrées par des forces de l’ordre qui ne leur permettent pas de s’exprimer. En avant, Ibrahim Coulibaly, le poing en avant et le verbe haut devant une poignée de journalistes et leurs micros. Celui qui se dit représentant des paysans joue son rôle, mais il parait bien seul. Son projet alors annoncé d’organiser une marche "de Niono à Bamako" pour montrer la mobilisation paysanne n’a toujours pas été mise en oeuvre en mars 2009. Bien au contraire, il accepte avec son vice-président les décorations du Mérite National avec éffigie Abeille et de Chevalier du Mérite Agricole
de la part des autorités dont il se disait trahi Projet de loi sur la biosécurité Ibrahima Coulibaly, Président de la CNOP : Le gouvernement nous a trahis - Archive Webcite .
Ces faiblesses ne permettent toutefois pas de comprendre la motivation et la rapidité d’adoption de cette loi sur les OGM au Mali. La réponse viendra dans le mois qui suit : le 12 Décembre 2008 : Signature d’un accord sur la sécurité alimentaire entre le Mali et les Etats-Unis pour 9.5 Milliards de Fcfa. L’autorisation des OGM était un préalable à cette contribution Américaine.
On comprend l’empressement du ministère à répondre aux attentes de leur partenaire : "Une partie de l’appui sera consacrée au renforcement des capacités institutionnelles du département de l’Agriculture et de celui de l’Élevage et de la Pêche" . [1]
Le Mali verra encore ses orientations et la mise en oeuvre de ses activités contrôlée par ses "partenaires" au développement : "L’USAID se chargera de coordonner et d’harmoniser les activités avec d’autres agences américaines, les producteurs, les décideurs et les acteurs du secteur privé national." [2].
La véritable motivation américaine dans cette affaire reste sans surprise " la promotion de principes solides concernant les marchés".
Mais sachant que "Les fonds alloués aujourd’hui proviennent d’un nouveau programme d’urgence du Président Bush pour une réponse globale en matière de sécurité alimentaire." On peut se demander si dans un contexte de crise économique le nouveau président Obama maintiendra les engagements de dernière minute de son prédecesseur. [3] Hélas la loi autorisant les OGM au Mali est déja votée.




L’enjeu foncier au cœur de la Loi d’orientation agricole au Mali