La maîtrise de l’eau conditionne le développement du monde rural. Non seulement elle est source de vie et doit permettre l’autosuffisance alimentaire, mais elle génère l’intégralité des activités du monde rural : cultures, élevage et pâturages, pêche, transports. La maîtrise de l’eau met fin à tous les conflits.
Etant donné les difficultés que connaît le Mali dans ce domaine (faible pluviométrie, sécheresses fréquentes, désertification...), la maîtrise de l’eau doit être totale.
La maîtrise de l’eau permet la modernisation des milieux ruraux par l’électrification rurale et l’hydraulique villageoise. La maîtrise de l’eau permet de dynamiser les milieux ruraux et jugulera l’exode rural.
Mettre en valeur les ressources hydrauliques signifie prendre en compte toutes les eaux utilisables (les nombreux fleuves et cours d’eau, leurs crues, les mares, lacs, étangs, eaux souterraines, pluies, oasis...) après avoir préalablement procédé à l’étude des phénomènes hydrogéologiques constituant des obstacles à la maîtrise totale de l’eau (évaporation...).
La mise en valeur des ressources hydrauliques doit se concrétiser par :
l’utilisation des ressources naturelles telles que le vent et le soleil pour réaliser les forages qui permettront la mise en valeur des eaux souterraines ;
l’utilisation de variétés adaptées à la faible pluviométrie ;
une multiplication des aménagements hydrauliques qui contribueront à atteindre les objectifs d’autosuffisance alimentaire et de réduction de l’exode rural ;
la sauvegarde des zones fragilisées (oasis) et la multiplication des points d’eau dans le désert ;
la mise en eau des lacs grâce à des moyens d’exhaure performants ;
le réaménagement des infrastructures existantes (étangs piscicoles...) qui seront remis aux communautés bénéficiaires ;
l’implication et la participation de tous les acteurs : collectivités territoriales, Etat, ONG, OP.
L’insuffisance des aménagements hydrauliques est une entrave au développement du monde rural.
Tout aménagement sera précédé d’une étape préalable à plusieurs phases : identification des sites de l’aménagement, identification des bénéficiaires de l’aménagement, études de faisabilité et prospection, recherche de financement. Les efforts des intervenants sont conjugués au cours de ces phases successives : OP, producteurs, Etat, services techniques, collectivités territoriales, ONG.
Les aménagements permettent :
l’irrigation de l’agriculture malienne et la diversification des cultures (riziculture, maraîchage...) ;
l’aménagement de points d’eau pour les animaux et la gestion des pâturages ;
Le développement de la pisciculture ;
l’électrification ;
le stockage de l’eau en profondeur (jusqu’à 500 à 600 m) ;
une meilleure utilisation des fleuves Niger et Sénégal comme infrastructures de transport ;
le développement d’activités génératrices de revenus à destination des femmes et des jeunes principalement, et l’arrosage des jardins de groupements féminins.
En conséquence l’Etat, les partenaires au développement doivent répondre aux besoins du monde rural en matière d’aménagements. Les subventions s’élèveront au maximum à 90 % en ce qui concerne les forages et les puits. La durée des travaux prendra jusqu’à cinq ans en ce qui concerne l’irrigation et le drainage le long du fleuve Niger et Sénégal.
Les besoins du monde rural en aménagements sont :
l’accélération et la réalisation des grands chantiers : seuil de Talo, barrage de Taoussa, de Tossaye ;
des digues, micro-barrages et retenues d’eau ;
des canaux d’irrigation ;
des forages et puits à grands diamètres, ainsi que des motopompes pour l’irrigation d’appoint ;
des bas-fonds ;
des mares, marigots, étangs et points d’eau pour les animaux ;
leur surcreusement pour la récupération des eaux de pluies ;
des submersions contrôlées ;
des périmètres irrigués villageois (PIV) ;
des plaines ;
des quais sur les ports du Niger et Sénégal ;
des bassins souterrains pour le stockage de l’eau.
La maîtrise de l’eau nécessite une gestion durable et une protection des ressources hydrauliques. C’est la condition d’un accès équitable des acteurs du monde rural aux ressources hydrauliques.
Certaines règles président à l’exploitation de ces ressources. Il s’agit du code de l’eau qui sera réactualisé et à l’application duquel l’Etat veillera. L’Etat prendra des mesures réglementaires sur la pollution des eaux de surface.
L’Etat en partenariat avec les collectivités territoriales et la profession agricole, élabore dans un délai de un an la politique nationale de maîtrise de l’eau qui répond aux principes de responsabilisation des acteurs, d’appropriation du processus d’identification, de mise en place et de gestion des investissements par les bénéficiaire, de la maîtrise totale de l’eau et de la gestion optimale et durable des aménagements.
La gestion des ressources hydrauliques et leur entretien doivent impliquer tous les acteurs intervenant dans le monde rural. C’est la condition qui permettra de déblayer les fleuves des parties sablonneuses, de limiter l’invasion de la jacinthe d’eau, etc.
Au niveau local, elle fera l’objet de conventions de gestion locale entre les OP, l’Etat, les Collectivités territoriales, et les ONG. Ces conventions réglementent l’utilisation de l’eau et des points d’eau, déterminent les lieux de pêche, réglementent l’entrée dans les bourgoutières, établissent des distances à observer entre les champs et les cours d’eau, veillent à la bonne gestion des barrages, notamment à la libération de l’eau pour permettre le passage du poisson.
Au niveau sous régional approfondir le partage de la gestion des fleuves entre Etats de la sous-région organisés au sein de l’Autorité du Bassin du Niger et de l’Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal.
La gestion des ressources hydrauliques pourra nécessiter la création d’organes de gestions particuliers ou le renforcement des capacités de ceux qui existent actuellement. Le cadre juridique de la gestion des ressources hydrauliques fera sa place à la gestion traditionnelle de ces ressources.




Vision paysanne de l’agriculture malienne