La politique de financement de l’agriculture malienne contribue à réduire la dépendance de l’agriculture à l’égard des financements extérieurs.
Le financement de l’agriculture est assuré par l’Etat, les collectivités territoriales, les exploitants agricoles et leurs organisations, le secteur privé, le secteur financier et les partenaires au développement. L’Etat alloue 30 % du budget national à l’agriculture. L’Etat finance les investissements majeurs de l’agriculture : infrastructures et aménagements de base. Il s’engage à communiquer en toute transparence sur les investissements de prestige qu’il réalise dans le secteur agricole.
La facilitation de l’accès aux financements publics et privés pour les producteurs est un objectif essentiel de la politique de financement de l’agriculture. L’Etat veille à l’information et à la formation des producteurs sur les financements afin d’éviter les risques de surendettement. Il accorde des subventions aux producteurs et aux Organisations professionnelles pour leurs besoins en formation et en structuration.
L’Etat doit contribuer au financement de l’agriculture en adaptant la fiscalité aux besoins des producteurs en impliquant les OP.
Les collectivités territoriales s’occupent des politiques d’investissement dans l’agriculture à leur niveau. Elles sont compétentes pour créer une fiscalité adaptée aux besoins des services publics agricoles dans les communes, cercles et régions en impliquant les OP.
Le financement des crédits agricoles est une compétence de l’Etat, des systèmes bancaires, des institutions financières et des systèmes financiers décentralisés. L’Etat encourage l’accès aux crédits agricoles en accordant des facilités aux institutions de crédit et aux emprunteurs (réassurance par exemple si les animaux des éleveurs peuvent servir de garantie bancaire, bonification des taux d’intérêt qui les ramène à 4 %, etc.). Il met en place des fonds de garantie pour faciliter l’accès aux crédits long terme pour l’installation et l’équipement.
L’Etat encourage et facilite l’installation des structures de micro-crédit qui ont des services spécifiques aux productions agricoles.
L’Etat s’engage à adopter des mesures encourageant la réduction des frais administratifs et juridiques.
Il peut être crée des fonds autonomes alimentés par les contributions de l’Etat, des collectivités territoriales, des OP, des producteurs, des partenaires au développement. Ils rendent des comptes à chacun de ces acteurs. La gestion de ces fonds nationaux peut être décentralisée dans les régions. Ces fonds doivent servir :
au financement des services utiles aux producteurs ;
à l’installation des jeunes ruraux (avec une politique volontariste d’information des jeunes ruraux en collaboration avec les services spécialisés) ;
fonds de déstockage du bétail afin d’éviter le surpâturage et les méventes.




Vision paysanne de l’agriculture malienne